Émotions littéraires, émotions patrimoniales : maisons d’écrivain, musées, expositions et lieux de mémoire littéraire

Quelles émotions les espaces d’expositions et lieux de mémoires littéraires suscitent, orchestrent, définissent et légitiment-ils (ou non) dans leur relation avec la littérature ? Quelle muséographie, quelle scénographie appellent-elles ?

Par Bérengère VOISIN, Aurélie REZZOUK, Sylvie GONZALES
Dates : 1er et 2 décembre 2016
Lieu : Musée d’art et d’histoire de Saint-Denis

Appel à communications – Colloque International

Dans le cadre de cette nouvelle étape du cycle que nous consacrons aux pratiques contemporaines des émotions littéraires, et dont l’argumentaire est repris ci-dessous, nous avons décidé cette fois de nous intéresser aux espaces d’expositions et lieux de mémoires littéraires – expositions temporaires, musées, maisons d’écrivain, lieux et monuments dédiés à la littérature – et aux émotions spécifiques qu’elles suscitent, orchestrent, définissent et légitiment (ou non), dans leur relation à la littérature.

La question de l’émotion suscitée par le lieu, par l’objet, en rapport avec sa « qualité » littéraire, est un lieu commun, un point de convergence. Elle caractérise aussi bien la réception, telle qu’elle s’appréhende dans les récits et les discours des visiteurs, que la conception et la « production » de ces espaces telles qu’elles se révèlent dans les propos des professionnels. Et presque toujours, ces émotions invoquées, ou provoquées, sont de l’ordre de l’indicible, du labile, et le rapport à la littérature indécis. Qu’est-ce qui, dans l’ « esprit du lieu » relève de la littérature ? Qu’est ce qui, dans cette mise en présence – et en scène – de l’objet patrimonial, relève (encore) de la lecture ?

Si ce qu’on trouve là peut relever de la trace d’un geste d’écriture, d’un vestige de l’acte de création, ce n’est pas toujours, ni nécessairement, ni directement, le cas. L’espace comme l’objet peuvent avoir à la littérature un rapport de type métonymique, mimétique, métaphorique : indice, icône ou symbole. Tension entre une « réalité augmentée » par le souvenir, le fantasme ou le désir de lecture, et l’ancrage ou la « stabilisation » dans un monde tangible et partagé de cet espace proprement littéraire, fictionnel ou non. Quel rapport ces émotions « patrimoniales » entretiennent-elles avec les réminiscences de lectures passées, et/ou le projet de lecture à venir ? Quel rapport le lieu (maison, musée, exposition) et les objets présentés, authentiques ou non, entretiennent-ils avec cet espace intangible qu’est celui du « littéraire » ?

On s’intéressera spécifiquement à ces embrayeurs entre l’espace réel de la visite, ou de la déambulation, et l’espace intime du souvenir de lecture, et/ou de l’univers, fictionnel ou non, de l’œuvre. On peut ainsi envisager l’émotion littéraire, née de la lecture effective du texte, ou du rêve de lecture, comme « matière » muséographique, que l’on peut à loisir programmer, scénariser, scénographier.

Enfin se pose la question de la dimension collective du lieu. Seul face à son livre, le lecteur devenu visiteur entre dans un espace ouvert à d’autres. Pour autant, l’émotion « littéraire » y devient-elle ipso facto partagée, ou partageable? Comment les activités proposées dans ou autour de ces espaces (ateliers d’écriture, résidences d’élèves, ateliers ou cercles de lecture, spectacles, etc.) travaillent-elle ce rapport intime à la littérature ?

Emotion(s), donc, mais de quelle nature ? de quelle portée ? A quelles fins ? Au centre de notre réflexion, résolument interdisciplinaire, des pratiques, aussi bien celles des visiteurs (lecteurs ?) que celles des professionnels qui pensent et font ces lieux, ces événements. Les interventions pourront ainsi tout aussi bien proposer des études de cas – expositions, maisons d’écrivain, lieux de mémoire – que des approches plus théoriques, selon des perspectives d’analyse touchant aussi bien à la muséographie, à la scénographie, à la médiation, qu’aux théories de la lecture, de la réception, et de la littérature.

Modalités de soumission

Vous ferez parvenir vos propositions de communication (titre, résumé de 150 mots, brève notice biographique) pour le 15 juillet 2016 via le site elopc.sciencesconf.org
Contact : emotionslitteraires@gmail.com

Renseignements

https://elopc.sciencesconf.org/

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