L’éducation à l’environnement au sein des aires protégées et des musées

Appel à contribution avant le 10 novembre 2017

En vue de la publication d’un numéro thématique consacré à L’éducation à l’environnement au sein des aires protégées et des musées, coordonné par Yves Girault et Aurélie Zwang (Muséum national d’Histoire naturelle, Unité mixte de recherche PALOC), la revue Éducation relative à l’environnement : Regards – Recherches – Réflexions, éditée par la faculté des sciences de l’éducation de l’UQAM (université du Québec à Montréal) lance un appel à contribution.

Depuis plus d’un siècle, de très nombreuses institutions muséales, ancrées dans des territoires, proposent des activités d’éducation à l’environnement. Les premiers Parcs nationaux américains, qui s’apparentent au courant préservationniste, ont ainsi été créés sous l’impulsion notamment de John Muir (création du Parc national du Yosemite) pour susciter un contact direct avec la nature. D’autres structures, comme le Parc du Skansen (premier musée de plein air créé à Stockholm en 1891) avaient pour objet de lutter contre l’érosion et la disparition des savoirs et techniques traditionnels dus à l’exode rural. La création en France des Parcs naturels régionaux en 1967 (PNR), qui devaient favoriser une politique de développement économique et culturel donnera l’occasion à Georges-Henri Rivière d’adapter les musées de plein air scandinaves au contexte français. C’est ainsi qu’en souhaitant focaliser les présentations muséologiques sur l’écologie et l’ethnologie régionale, il a expérimenté, à partir de 1968 dans les parcs naturels régionaux Mont D’Arrée, Ouessant, Grande lande, Camargue, Mont Lozère, les premiers écomusées. En souhaitant présenter une synthèse entre les sciences de l’homme et celles de la nature, les écomusées vont progressivement mettre en récit les relations de l’humain avec son environnement local. Profitant de la décentralisation des services fédéraux de Parcs Canada, la province du Québec va quant à elle impulser la création de nouvelles formules muséales telles que les centres de la nature et surtout les centres d’interprétation en lien avec les travaux de Freeman Tilden. Toutes ces structures muséales focalisées sur l’environnement ont d’ores et déjà fait l’objet de nombreuses recherches. En éducation relative à l’environnement (ERE) plus particulièrement, deux champs ont émergé : l’un consacré au partenariat entre école et musées pour l’ERE, et l’autre centré sur l’éducation informelle au sein des structures muséales en prenant donc en compte un public plus large.

Depuis ces travaux, quatre évolutions principales semblent pouvoir reformuler de façon tangible les rapports entre les parcs, les musées, les jardins, les sentiers d’interprétation du patrimoine, les aires protégées et l’ERE :

  • l’avènement de la décennie des Nations Unies pour l’éducation au service du développement durable (2005-2014) a accéléré et orienté l’intégration de cet objet en tant que finalité éducative dans les programmes d’enseignement et dans les projets éducatifs des institutions formelles et non formelles ;
  • le développement durable a été le paradigme dans lequel s’est inscrit en 2010 le protocole de Nagoya, deuxième protocole international sur la diversité biologique, dont le plan stratégique cadre, jusqu’en 2020, le déploiement d’un réseau d’espaces protégés et dont les orientations placent la conservation de la nature sous l’aune de la valeur économique des ressources génétiques, c’est-à-dire du point de vue d’une valeur essentiellement extrinsèque de la biodiversité ;
  • un développement croissant depuis les années 2000 des politiques de patrimonialisation, qu’elles soient à visée culturelle ou naturelle. Au sein de ces aires protégées (réserves de biosphère, parcs nationaux, zones Natura 2000, parcs naturels régionaux, géoparcs…), de nombreuses structures d’accueil des publics développent des activités d’éducation relative à l’environnement centrées sur l’interprétation et/ou l’éducation aux territoires ;
  • la prise en compte récurrente par les institutions culturelles et muséales du numérique dans leur communication et dans leur médiation, qu’il s’agisse de la publicisation des activités proposées en ligne, d’accompagnements numériques au moment de la visite, de prolongements de visite en ligne, d’applications mobiles sur un territoire ou de jeux pour identifier et recueillir des données sur la biodiversité.

Compte tenu de ce nouveau contexte, au sein de ce numéro thématique, nous souhaitons recueillir des contributions qui s’articulent autour de l’un des trois questionnements suivants :

  • l’injonction d’une « éducation au développement durable » reprise par de nombreuses structures muséales, et l’émergence du concept hybride de biodiversité ont-ils modifié les valeurs sous-tendues par les discours sur la nature des institutions muséales et des aires protégées ? Comment cette injonction est-elle retenue et/ou contournée au sein des politiques partenariales entre milieu scolaire, institutions muséales et/ou aires protégées ?
  • compte tenu de la pluralité des acteurs impliqués dans la gestion territoriale des aires protégées, de leurs intérêts et des enjeux (axiologiques et ontologiques) qui y sont liés, quelles en sont les implications économiques, environnementales, identitaires, patrimoniales, politiques, sociales, et autres ? Le développement d’une identité territoriale est-il une nouvelle orthodoxie pour l’aménagement du territoire, pour l’implication des acteurs locaux, pour la mise en place d’une « bonne » gouvernance ? Quelles représentations de la nature et quels usages du territoire sont observés au regard de leurs interactions avec les formes bureaucratiques extrêmement diversifiées de gestion et/ou de conservation de ces aires ?
  • comment le milieu scolaire peut-il s’appuyer sur les institutions muséales et/ou les aires protégées pour mettre en œuvre une éducation à l’environnement systémique, interdisciplinaire, dont la visée est la formation de la personne et/ou du citoyen ? Comment les nouvelles formes de médiations numériques reconfigurent-elles les partenariats en éducation à l’environnement entre les institutions muséales, les aires protégées et le monde scolaire ? Comment enfin ces nouvelles médiations contribuent-elles au développement de connaissances sur le vivant et à l’acquisition de compétences éco-citoyennes ?

Les articles soumis à la revue peuvent traiter de résultats de recherches aussi bien de nature empirique que théorique ou réflexive. Des textes portant sur une initiative, une expérience pédagogique ou une question à débattre sont aussi acceptés.

Le calendrier est le suivant :

  • 10 novembre 2017 (date limite de réception des résumés (250 mots) accompagnés de 3 références bibliographiques. Les résumés doivent être adressés à revue.ere@uqam.ca),
  • 10 janvier 2018 (date limite pour la remise des textes complets par les auteurs),
  • mai 2018 (remise des textes révisés par les auteurs en fonction des commentaires des évaluateurs)
  • et juin 2018 (mise en ligne du numéro thématique sur Revues.org et diffusion du numéro papier).)

Renseignements

Faculté des sciences de l’éducation
UQAM
revue.ere@uqam.ca
https://ere.revues.org

2bf7b54c218747536aeda57a5d815b2f11111111111