L’institution de la conservation du patrimoine culturel dans l’entre-deux-guerres

Contrairement à une idée reçue, l’ONU et l’UNESCO n’ont pas créé les réseaux de conservation ou de préservation des biens patrimoniaux que nous connaissons aujourd’hui, mais en ont hérité. C’est ce que Pierre Leveau explique dans cet ouvrage, en analysant les archives de la Commission internationale de Coopération intellectuelle (CICI) et de l’Office international des Musées (OIM), actifs durant l’Entre-Deux-Guerres.

En suivant les liens qui existaient entre ces institutions internationales et les sociétés savantes avant-guerre, il restitue un monument oublié de l’histoire du patrimoine, qu’il attribue à un petit comité d’experts : le C.2b2. Il rappelle les noms de ses membres, les valeurs et les projets qui les unirent, en montrant que les conservateurs, les professionnels de la conservation-restauration et les scientifiques du patrimoine sont leurs débiteurs inconscients.

L’ouvrage, toujours d’actualité par ses enjeux, se divise en trois parties, successivement consacrées aux réseaux de coopération intellectuelle dans l’Entre-Deux-Guerres (1919-1925), à l’acteur qu’ils firent émerger pour mener différentes enqueêtes dans le champ du patrimoine (1926-1929) et aux quatre conférences internationales qu’il organisa enfin (1930-1939) : d’abord à Rome sur les peintures et les sculptures (1930), puis à Athènes sur les monuments et les sites (1931), à Madrid sur l’architecture des musées (1934) et pour finir au Caire sur le régime des fouilles (1937).
Ce panorama d’une grande envergure intéressera tous les professionnels du patrimoine : les experts d’hier y lèguent leurs archives à ceux d’aujourd’hui.

Pierre Leveau est membre-associé du Centre d’Epistémologie et d’Ergologie Comparatives (CEPERC, UMR 7304, CNRS). Professeur de philosophie dans le secondaire, il a soutenu en 2012 un doctorat sur d’épistémologie de la conservation du patrimoine et a publié une vingtaine d’articles sur le sujet. Il s’intéresse depuis au patrimoine industriel, scientifique et technique – plus particulièrement à l’informatique – et travaille sur le rapport éminemment ambigu de la philosophie au numérique.

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