Doisneau chez les Joliot-Curie. Un photographe au pays des physiciens

En 1942, l’éditeur Maximilien Vox prépare un ouvrage de prestige sur l’excellence française. Pour illustrer la qualité scientifique il veut présenter les chercheurs les plus en vue de l’époque, les physiciens Irène et Frédéric Joliot-Curie, lauréats du prix Nobel en 1935.

Il fait alors appel à un jeune photographe, Robert Doisneau, pour immortaliser les appareillages sur lesquels les scientifiques travaillent dans leurs laboratoires. Les clichés montrent les impressionnants instruments quasi-industriels, témoins des débuts de la « Big Science ».
« Plus fort que Métropolis », la première partie de l’exposition permet de découvrir le lieu étrange et fascinant qu’était le gigantesque laboratoire industriel, transformé en centre de recherches par Frédéric Joliot. Témoin de cette époque, le générateur d’impulsion, l’appareil à « fabriquer la foudre » a été en partie remonté.
C’est dans ce laboratoire que Robert Doisneau a commencé la série de reportages qu’il a consacrés au couple de scientifiques.
La deuxième partie est consacrée aux portraits et clichés d’Irène et Frédéric Joliot-Curie dans leurs laboratoires, permettant ainsi de redécouvrir ce couple d’éminents scientifiques, très connus à l’époque, mais aussi le cadre dans lequel ils travaillaient : Irène Curie à l’Institut du radium et ses applications médicales, Frédéric Joliot dans son laboratoire d’Ivry et au Collège de France.
Ensuite c’est la découverte de l’atelier de Robert Doisneau, jeune photographe quasi-inconnu, qui connaît bien le monde de l’industrie, car il a travaillé pendant 5 ans comme photographe des usines Renault à Billancourt.
Les prises de vue des Joliot-Curie et de leurs laboratoires sont l’occasion de découvrir une facette méconnue du célèbre photographe, mais aussi les techniques qu’il utilisait pour prendre ses clichés.
Dans la quatrième partie, Robert Doisneau découvre le cyclotron du Collège de France en 1942. Cet accélérateur de particules permet de produire des radioéléments artificiels ; de fait, il est le fleuron de la Physique française de l’époque.
Enfin, de 1942 à 1956, en photographiant les scientifiques dans leurs activités quotidiennes, Doisneau observe les transformations des méthodes de recherche en Physique nucléaire.