Léonard de Vinci

L’exposition qui nous est offerte aujourd’hui est à la fois singulière et splendide. Singulière car elle ne ressemble à aucune autre exposition déjà consacrée à l’artiste et splendide parce qu’une mise en scène destinée à éveiller l’émotion est mise au service de très beaux textes qui mettent à la portée de tous les publics deux œuvres majeures : La Joconde et la Dernière Cène.

La mise en scène conduit le visiteur de la lumière à la pénombre, du concret à l’immatériel, de l’observation des phénomènes naturels à l’expression des passions humaines. C’est la découverte d’un esprit qui établissait des analogies entre les rouages de l’être humain et le fonctionnement de l’univers.

Grâce à la première publication vers 1890 des milliers de pages de dessins et de manuscrits (dans sa célèbre et complexe écriture à l’envers) miraculeusement parvenus jusqu’à nous, on a pu mettre en évidence un aspect jusqu’alors peu connu de son œuvre : celle de l’ingénieur civil et militaire, dont un certain nombre d’idées sont traduites dans l’exposition sous la forme de machines reconstituées à partir de ses dessins.

Mais plus qu’un génie fertile en inventions mécaniques, ce que révèle la passion pour tous les phénomènes naturels c’est d’abord la prééminence absolue, dans l’esprit de Léonard, de la peinture, art « divin », qui fait du peintre un démiurge créateur au même titre — voire mieux — que le musicien, l’écrivain ou le philosophe.la joconde. Parlant de La Joconde, qu’il avait eu à évacuer du Louvre pendant la guerre et à laquelle il consacra un livre magnifique en 1974, René Huyghe écrivait : « Désormais la peinture, maîtresse de nouveaux pouvoirs, ne se lira plus comme un texte, où les images, bien distinctes et clairement compréhensibles, font office de mots, mais se percevra comme une musique qui s’adresserait aux yeux ; elle communiquera un état d’âme, un état d’être. Elle entrera dans le domaine du mystère, indéfini dans son apparence, indéfini dans son retentissement en nous. (…) Parce que, un jour, un cerveau profond avait su dresser La Joconde comme l’emblème même de l’indicible. » Savoir ce qui reste de cette intense émotion, vérifier si les œuvres d’art les plus connues au monde, les plus reproduites, les plus galvaudées, sont susceptibles de vibrer encore devant nos yeux — bref, savoir si nous sommes capables de réapprendre à voir, est un des défis qu’Ars Latina pose par cette exposition.

Informations pratiques :
Réfectoire des Cordeliers, 15 rue de l’École de Médecine, 75006 Paris (M° Odéon, Saint-Michel, Cluny-La Sorbonne, RER Luxembourg. Bus 21, 27, 63, 86, 87, 96).

– Ouvert tous les jours de 10h30 à 19h ; nocturne les mardis jusqu’à 22h ; fermeture exceptionnelle le 16 juin.

– 7 euros tarif plein ; 4 euros tarif réduit (étudiants, chômeurs, groupes à partir de 10 personnes) ; gratuit pour les enfants de moins de 6 ans.

– Réservations : 01 40 47 58 90
arslatina@voxlatina.com

porta. consequat. amet, ut dolor felis venenatis luctus nec accumsan ut