Innovation au Muséum national d’Histoire naturelle : inauguration du scanner le plus performant dans le monde des Sciences naturelles

En association avec le Conseil régional d’Île-de-France, la Fondation Simone et Cino del Duca-Institut de France et le CNRS, le Muséum national d’Histoire naturelle a inauguré le 12 septembre dernier un nouvel équipement d’imagerie : la plate-forme d’Accès Scientifique à la Tomographie à Rayons X (AST-RX), la tomographie par absorption de rayons X étant une technique non destructive qui permet la visualisation d’images en coupe d’un objet en trois dimensions.

Équipement de pointe pour la recherche et la valorisation des collections, la plate-forme AST-RX – hébergée au sein de l’UMS2 CNRS/MNHN 2700 « Outils et méthodes de la systématique intégrative » – a pour principal objectif de permettre la numérisation par microtomographie et nanotomographie de spécimens des sciences naturelles. En termes de recherche scientifique, les intérêts sont nombreux : reconstitutions en 3D aisément manipulables, visualisation des fossiles inclus dans leur roche, études d’échantillons au grossissement souhaité, dissections virtuelles, accès à l’anatomie interne sans destruction, rétroprototypage de spécimens originaux sous forme de répliques physiques aisément manipulables……
L’intérêt principal de cet équipement est de visualiser à haute résolution l’ensemble des structures des échantillons, autorisant ainsi l’exploration de structures internes auparavant inaccessibles : ainsi, les spécimens historiques supposés bien connus, seront susceptibles de révéler de nouvelles informations lors de réexamens détaillés via ces nouvelles technologies d’imagerie. De plus, la technologie utilisée est non destructive et non invasive, une caractéristique capitale pour l’étude des collections des sciences naturelles ; l’étude de la structure interne et externe des échantillons et l’exploration de certaines structures cachées sont ainsi possibles, sans aucune altération ou destruction des échantillons (voir à ce sujet : Herbin, M., Dupret, V., Goussard, F. et Clément, G. Les techniques d’imagerie 3D au service de la valorisation scientifique des collections anatomiques, la lettre de l’OCIM n°131, pp. 13-18).

Cet appareillage va également contribuer de façon importante à la valorisation et à la conservation des collections du Muséum. Les enjeux en termes de diffusion des connaissances sont tout aussi importants, que ce soit vis-à-vis des chercheurs, des enseignants ou même du grand public. En effet, les images (coupes virtuelles) obtenues par tomographie sont utiles pour plusieurs raisons :

– c’est une mémoire du spécimen : toutes les données morphologiques, anatomiques, dimensionnelles du spécimen sont conservées au sein des différentes coupes obtenues ;

– ces coupes permettent de révéler l’histoire de la conservation du spécimen (les précédentes préparations, les renforcements, les points de fractures…) et sont une aide précieuse avant toute nouvelle restauration ;

– les coupes virtuelles obtenues peuvent être traitées aisément afin d’obtenir une modélisation 3D du spécimen. Par ailleurs, des animations 3D de structures complexes (système nerveux d’un organisme actuel, cavité endocrânienne de dinosaure, réseau métallifère d’une météorite, morphologie d’un insecte fossile inclus dans l’ambre, structure de l’oreille interne d’un Homme de Néandertal…) sont des supports pédagogiques d’une extrême clarté pour le grand public.

– la forme virtuelle de ces spécimens peut faire l’objet d’une reproduction matérielle. Des répliques des spécimens peuvent être produites à volonté et à toutes les échelles de taille, à partir de la forme numérique d’objets 3D. Des spécimens fréquemment demandés pour des expositions temporaires ou permanentes (musées nationaux et internationaux), mais trop fragiles pour être prêtés ou moulés, pourront ainsi être répliqués et envoyés aux demandeurs.

Pour tous les domaines des sciences naturelles, les modèles digitaux pourront être exportés pour réaliser des modélisations scientifiques complexes qui seront étudiées et analysées simultanément par la communauté internationale via les réseaux informatiques, ou encore pour être physiquement reproduits, à volonté et à toute échelle de taille, par prototypage rapide sur imprimante 3D pour des finalités de recherche, de diffusion des connaissances, d’exposition ou d’enseignement. Accessible aux personnels des laboratoires mixtes Muséum/CNRS, la plate-forme sera également ouverte aux scientifiques et conservateurs externes désirant numériser des spécimens des collections du Muséum, ou dans un but de recherche scientifique, de conservation, d’expertise, de formation et de diffusion des connaissances.

Grâce à cette acquisition et forts de l’expérience et des compétences de plusieurs chercheurs utilisant déjà les méthodes d’imagerie, le Muséum national d’Histoire naturelle et ses partenaires se placent désormais dans une situation privilégiée pour devenir incontournables dans l’utilisation et l’exploitation des technologies de l’imagerie 3D.

Renseignements :
Muséum national d’Histoire naturelle
Estelle Merceron
téléphone + 33 1 40 79 54 40
presse@mnhn.fr

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