Les expositions universelles en France au XIXe siècle

Une publication aux éditions du CNRS.

Si les expositions universelles sont au cœur de l’histoire des pratiques culturelles, elles sont aussi l’un des lieux de naissance de la technique comme utopie du progrès et de la modernité. Parce qu’elles favorisent des rapprochements entre le passé et l’avenir de l’humanité, entre les civilisations du monde, entre la diversité des productions humaines, elles promeuvent un universalisme de la technique. Dans un mouvement réflexif, la technique devient un savoir public, elle intéresse les visiteurs bien au-delà des cercles professionnels. Nouvelle mythologie, elle acquiert une valeur d’identifiant national et le statut de lieu de mémoire.

Et pourtant, qu’en est-il, au milieu du XIXe siècle et dans le demi-siècle qui suit, des espoirs mis dans l’industrie, à l’heure où l’autonomisation de la technique et les logiques émancipatrices qui lui étaient associées plient sous l’emprise d’une division du travail dont le sens se fait de plus en plus aliénant ? Qu’en est-il aussi de l’admiration pour la technique, alors que s’affirment l’hégémonie des beaux-arts et la sacralisation de l’artiste comme figure de génie ? En lien, quelle place est faite au patrimoine technique éphémère des expositions universelles ?

Ces questions ont été débattues en juin 2010 à l’occasion d’un colloque international organisé par le laboratoire Histoire, technique, technologie, patrimoine du Cnam, la bibliothèque du Cnam, le musée des Arts et Métiers et les Archives nationales. Les actes de ce colloque font aujourd’hui l’objet d’une publication aux éditions du CNRS : Les expositions universelles en France au XIXe siècle : techniques, publics, patrimoines (481 p. ; ISBN : 978-2-271-06999-3). L’intérêt premier de ce volume est de restituer la complexité des discours, des intentions et des perceptions autour de la technique et de la modernité dans la société française de la seconde moitié du XIXe siècle.

Les textes – rassemblés sous la direction de Anne-Laure Carré, spécialiste de l’histoire des matériaux (musée des Arts et Métiers), de Marie-Sophie Corcy, historienne de la photographie et des techniques visuelles (musée des Arts et Métiers), de Christiane Demeulenaere-Douyère, historienne des sciences et des techniques (précédemment aux Archives nationales) et de Liliane Hilaire-Pérez, spécialiste de l’histoire des inventions et des savoirs opératoires (université Paris-Diderot/EHESS) – sont structurés autour de cinq grands thèmes : Représentations, Innovation et savoirs techniques, Produits nouveaux et stratégies de valorisation, Les publics des expositions, Expositions et patrimoines.

Renseignements :

CNRS Éditions
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