Numérique et culture scientifique, technique et industrielle

Le rapport sur cette mission confié à à Laurent Chicoineau, directeur de La Casemate et cofondateur du programme Inmédiats (Innovation, Médiations, Territoires).

Et si la culture numérique favorisait un meilleur partage des cultures scientifique, technique et industrielle ? De nombreuses études montrent le changement en cours de régime d’accès aux connaissances, particulièrement chez les jeunes qui passent de la culture médiatique à la culture numérique. Internet devient ainsi pour eux la première source d’information et d’accès à la connaissance (Donnat, O. Les pratiques culturelles des Français à l’ère numérique. 2009). De plus, le numérique offre de nombreuses opportunités d’expressivité, de contribution voire de nouvelles formes de coproduction des savoirs (wikis, réseaux sociaux, open science, sciences participatives…).
Enfin, émergent en France et dans le monde de nouveaux « tiers-lieux » de partage des savoirs et des savoir-faire (Fablabs, Living Labs, Biohackerspace) centrés sur une appropriation par le « faire » (culture Maker), transmise par des pairs et non plus « d’en-haut », et une volonté affichée d’investir et renouveler les écosystèmes d’innovation territoriaux. Comment ces nouvelles pratiques de médiation de la culture scientifique, technique et industrielle sont-elles prises en compte par les diverses institutions du domaine ? Comment le numérique peut-il être une chance pour une meilleure appropriation des sciences et des techniques, et pour un regard renouvelé sur l’innovation et l’esprit d’entreprendre ? Telles sont les questions au cœur de la mission confiée par Geneviève Fioraso, Secrétaire d’État à la Recherche et à l’Enseignement Supérieur, à Laurent Chicoineau, directeur de La Casemate et cofondateur du programme Inmédiats (Innovation, Médiations, Territoires) qui expose ci-dessous la démarche suivie et les grandes orientations à venir dans le domaine.

La parole aux acteurs de terrain

Cette étude a consisté à mieux connaître et comprendre les pratiques et expressions des acteurs de terrain, c’est-à-dire les services médiation ou communication des universités et centres de recherche, les enseignants du primaire comme du secondaire et les enseignants-chercheurs du supérieur, les médiateurs des associations d’éducation populaire, des musées et muséums d’histoire naturelle, des centres de science, des collectivités territoriales. Quelques entreprises de l’économie numérique spécialisées dans l’éducation ou la diffusion des savoirs ont aussi été consultées. Plusieurs formes de récolte des données ont été déployées : une enquête en ligne pour recenser les pratiques, attentes et réalisations en matière de numérique et médiation culturelle des sciences (123 institutions répondantes), des tables-rondes territoriales dans plusieurs régions françaises afin de débattre collectivement de ces questions, et enfin des entretiens semi-directifs avec des acteurs-clés. Au total, 162 personnes ont été rencontrées et mobilisées pour ce travail dans une période allant d’avril à décembre 2014.

Cinq chantiers thématiques prioritaires

Le rapport de mission comprend un état des lieux des diverses pratiques en cours en France puis, dans une deuxième partie, sont proposés cinq chantiers considérés comme stratégiques. Le premier s’intéresse à la question des formations au numérique, tant pour les publics que pour les professionnels de la médiation culturelle et scientifique. Second chantier, la nécessité de produire de la connaissance sur les expérimentations en cours. Si l’on constate partout en France de nombreuses initiatives innovantes, elles restent souvent déconnectées les unes des autres, et rarement évaluées pour être partagées, reproduites, optimisées. Troisième chantier, l’idée de renforcer la prise en compte des formats ouverts par les acteurs traditionnels de la CSTI, afin de mieux contribuer aux communs qui fleurissent partout sur Internet. Ce chantier suggère par ailleurs de lancer d’une initiative nationale sur la datavisualisation pour l’éducation et la culture.

Le quatrième et avant-dernier chantier concerne la plus grande place qui semble nécessaire d’ouvrir aux étudiants et aux universités dans le partage des CSTI. Comment mieux reconnaître les nombreuses initiatives portées par des étudiants ? Comment valoriser ces pratiques qui sont porteuses de compétences pour eux, même – et surtout – s’ils ne consacrent pas leur carrière à la médiation culturelle scientifique ? Enfin, le cinquième et dernier chantier est consacré aux ressources de manière générale et, en particulier, à la nécessité d’innover dans les modèles économiques de la CSTI. Le numérique transforme les sociétés contemporaines dans la mesure où il ne se résume pas à une liste d’outils ou de techniques mais bien à de nouvelles manières de voir et d’agir dans notre monde incertain.

Autant de pistes que l’ensemble des acteurs de terrain, mais aussi le nouveau Comité national pour la CSTI, les conseils régionaux en charge de la CSTI depuis la loi ESR de juillet 2013, ou encore les métropoles dont les compétences viennent d’être élargies, pourraient explorer.

Renseignements

Laurent Chicoineau
téléphone + 33 4 76 44 30 79

Laurent.chicoineau@lacasemate.fr

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