L’archéologie à l’épreuve de l’intégrité scientifique : produire, exploiter, diffuser l’information archéologique

Séminaire le 30 novembre 2020, à Paris

Alors que l’Inrap est signataire de la charte française de déontologie des métiers de la recherche, il convient d’engager au sein de l’établissement une sensibilisation à la question d’intégrité scientifique, appliquée à l’archéologie en général, ou exemplifiée au cas de l’archéologie préventive.

Pour mémoire, l’intégrité scientifique vise à garantir l’analyse d’une information, à ce qu’elle soit vérifiable, qu’on en connaisse le protocole et la problématique d’élaboration ; en outre, l’intégrité est en conformité avec l’éthique (conformité avec les valeurs sociétales) et la déontologie (distance sinon indépendance vis-à-vis de liens d’intérêts). À cela, s’ajoute un autre paramètre, celui de la technique, pour le dire autrement celui de l’outillage sans lequel aucun résultat ne peut être produit, diffusé, reçu et exploité. Ce paramètre peut même être central alors que se renouvellent sans cesse les modalités d’acquisition et de diffusion du savoir – en particulier l’imagerie archéologique, et que le décuplement des données, la puissance de leur traitement conduisent à élaborer de nouvelles politiques documentaires. À l’heure d’une « République numérique », la technologie doit donc être associée à toute réflexion sur l’intégrité scientifique, d’un bout à l’autre de la chaîne.

Le séminaire abordera ces questions selon trois sujets confrontés à l’intégrité scientifique :

  • La production du savoir archéologique abordera la question des données issues d’observations réitérables ou non ; considèrera l’archéologue comme un témoin certifié, producteur de données devenant substituts de l’observation directe, répondant à des questionnements et élaborées selon certaines conditions d’observation. Les questions d’interprétation – certitude, hypothèse, conviction – seront abordées.
  • L’exploitation des données à l’épreuve de l’intégrité scientifique rappellera les conditions d’utilisation de résultats déjà mis à disposition : bons usages, référencement, citation, ou plagiat, pillage, détournement… Outre l’exploitation des données, on abordera celle des idées, des méthodes et des techniques archéologiques.
  • La diffusion publique des données, des connaissances et des questionnements archéologiques abordera les modes de communication vers des publics élargis et les risques de surenchère, d’approximation et de simplisme.

Chacun de ces thèmes fera l’objet d’une conférence, puis d’un débat avec des « témoins » professionnels de l’archéologie et enfin d’échanges avec le public. Les questions développées et discutées lors de ce séminaire doivent contribuer à préparer un document de recommandations à destination des archéologues.

Séminaire organisé par la direction scientifique et technique avec le concours de l’École nationale des Chartes.

Inscription libre auprès de Gilles Bellan et Carine Carpentier, dans la limite des places disponibles.

Séminaire, le lundi 30 novembre 2020, École nationale des Chartes (salle Jules-Quicherat) 65 rue de Richelieu, 75002 Paris

Toutes les informations sont sur le site de l’Inrap