Femmes de… savants

Web conférence de l’Espace Mendès France, le 17 mars 2021 à 14h

Journée d’études organisée par Stéphane Bikialo, enseignant-chercheur en langue et littérature françaises, laboratoire Forellis, université de Poitiers et Anne Jollet, enseignante-chercheuse en histoire moderne au Centre de recherches interdisciplinaires en histoire, histoire de l’art et musicologie (Criham), université de Poitiers. Avec les interventions de Patrice Bret, historien des sciences, chercheur honoraire au Centre Alexandre Koyré, CNRS-MNHMEHESS ; Pascal Duris, professeur en Histoire des sciences, laboratoire SPH, université de Bordeaux et Isabelle Lémonon, historienne des sciences, EHESS.

Lavoisier et son épouse en 1788 peint par David montre le scientifique et son épouse dont la plupart des personnes ignore le prénom et la collaboration aux travaux scientifiques de son mari, Antoine. Marie-Anne Pierrette Paulze est la collaboratrice de son mari, elle travaille au laboratoire avec lui, prend des notes, dessine les gravures qui ornent le Traité élémentaire de chimie, traduit les traités de l’irlandais Kirwan. L’épouse accompagne son époux. Lorsqu’il ne s’agit pas de l’époux, il peut s’agir du père ou du frère comme dans la situation de Caroline Herschel (1750-1848). Elle est, contre son gré, l’aide-domestique de son frère William et devient son assistante lorsque celui-ci se passionne pour l’astronomie. Elle aide à la fabrication des télescopes, notamment des miroirs, mais également à la prise de notes des données. Pourtant, le découvreur d’Uranus reste seul dans les mémoires alors que sa sœur a été indispensable dans les découvertes scientifiques. Bien que considérée comme la première femme astronome officiellement reconnue par ses contemporains (elle recevait une pension à ce titre), elle reste inconnue aujourd’hui.

Outre ces deux exemples, nombreuses sont les femmes de savants qui ont participé activement aux recherches scientifiques des hommes de leur entourage, qu’il s’agisse du père, du frère ou du conjoint. Certaines ont-elles mené seules des recherches ? Dans quels contextes ? Certaines ont-elles explicitement refusé ce rôle ou ce rôle leur a-t-il été explicitement refusé ?
Que signifie donc dans différents contextes sociaux être « femme de savant » ? Quel statut représente cette place dans l’absence de reconnaissance publique, le maintien dans l’ombre familiale, l’invisibilité sociale ?
Comment arrive-t-on à ce que ces femmes actives dans l’élaboration scientifique soient aujourd’hui ignorées, méconnues ou seulement qualifiées de « sœur de », « épouse de », « fille de ».

Dans le cadre du FEDER Sciences en mouvements d’elles, mené par l’Espace Mendès France pour lutter contre l’invisibilité des femmes dans les travaux scientifiques et contre les stéréotypes.

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