
Les 12 et 13 novembre 2026, la Grande Saline de Salins-les-Bains (Jura) accueille deux journées d’étude ouvertes au public, intitulées « Archives et patrimoine : paroles de sauniers ». Organisé dans le cadre du projet de recherche SALTS, cet événement propose de redécouvrir l’histoire et les savoir-faire des salines à travers un corpus inédit d’archives orales, et d’explorer les enjeux de leur conservation et de leur valorisation.
Comment préserver la mémoire de celles et ceux qui ont travaillé dans les salines du Jura ? Que nous apprennent leurs récits sur les gestes professionnels, les savoir-faire et les transformations d’un territoire ? Et comment faire de ces témoignages une ressource pour la recherche, la médiation culturelle et la valorisation patrimoniale ?
Ces questions sont au cœur du projet SALTS, développé au Centre Interlangues Texte Image Langage (TIL) de l’Université Bourgogne Europe, sous l’impulsion de Gennaro Ascione. Soutenu par l’alliance universitaire européenne FORTHEM, ce projet s’inscrit dans une collaboration entre trois universités : l’Université Bourgogne Europe, l’Université Johannes Gutenberg de Mayence (Allemagne) et l’Université Lucian Blaga de Sibiu (Roumanie).
Il prend pour point de départ un corpus inédit d’archives orales des salines du Jura. Témoignages, souvenirs, vocabulaire du travail et récits de vie constituent autant de traces d’un patrimoine immatériel à documenter, à étudier et à transmettre.
Organisées à la Grande Saline de Salins-les-Bains, inscrite sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco, ces deux journées permettront de présenter les premiers travaux du projet et d’élargir la réflexion à d’autres territoires et pratiques liés à l’exploitation du sel.
La première journée, jeudi 12 novembre, sera consacrée à la restitution du projet SALTS et à la valorisation des archives des salines du Jura.
Les interventions aborderont notamment la mémoire des anciens travailleurs, les mots et les gestes du métier, ainsi que les possibilités offertes par ces témoignages pour renouveler les discours patrimoniaux.
La place de la visite guidée dans la transmission des connaissances sera également interrogée. Les échanges s’ouvriront ensuite à d’autres dimensions culturelles du sel : récits et légendes, rites, santé ou encore construction de l’identité d’un territoire.
Le vendredi 13 novembre élargira la réflexion à d’autres sites et modes d’exploitation du sel, en France et à l’étranger.
Des communications consacrées notamment aux traditions salicoles d’Europe septentrionale, aux marais salants de Guérande, à Salies-de-Béarn, à la Transylvanie ou encore à la Sardaigne permettront de confronter les pratiques de recherche, les approches linguistiques et les formes de patrimonialisation.
L’après-midi mettra plus particulièrement l’accent sur les archives et leur valorisation : mémoire des pratiques, archives d’entreprises, ressources numériques et méthodes de constitution des corpus. Une table ronde reviendra sur les enjeux scientifiques et méthodologiques liés à l’exploitation des archives comme sources de connaissance.
Au-delà de la restitution d’un projet de recherche, ces journées invitent ainsi à réfléchir à la place des témoignages et des savoirs professionnels dans la construction et la transmission des patrimoines.
Un rendez-vous pour les professionnels des musées et du patrimoine, les chercheurs, les acteurs culturels et touristiques, mais aussi pour tous ceux qui s’intéressent à l’histoire des territoires et à leurs mémoires.